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Le bambou - du développement durable à la création d’objets : le bambou en pratique

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vendredi 2 juillet 2010, par Econo-Ecolo

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Vous trouverez ci-dessous un extrait du livre Le bambou - du développement durable à la création d’objets.

Cet extrait décrit le bambou en pratique : comment le travailler ?

Editeur : Eyrolles

La couche extérieure du chaume peut être tellement tranchante qu’elle était employée autrefois pour la confection de flèches.

Méthode d’écorçage

1- Disposez le chaume à l’oblique (30 °) contre un mur en calant l’extrémité qui touche le sol (dans un trou par exemple).

2- Munissez-vous d’une plane bien aiguisée.

3- Tenez-la parallèlement au mur, maintenez-la fermement avec vos deux mains et faites-la glisser sur le chaume du haut vers le bas, en appuyant de manière constante. Tournez le chaume et recommencez jusqu’à en avoir fait le tour.

4- Pour faciliter le geste et éviter de trop vous baisser, commencez au sommet, mais n’écorcez pas jusqu’en bas. Vous retournerez le chaume pour finir l’autre extrémité, sauf si le chaume est beaucoup plus haut que vous. Dans ce cas, faites l’inverse.

5- Comme quand vous épluchez des carottes, vous aurez besoin de quelques finitions pour éliminer les fibres rebelles (qui restent entre deux passages de la plane).

Fumer le bambou.

Exemple de la pratique des artisans de Bac Ninh (Vietnam)

- Four : les chaumes sont disposés dans un four traditionnel utilisé pour fumer le bambou. Ce four possède un cadre… en bambou, évidemment. Il est recouvert d’argile. Les chaumes sont disposés par taille, les plus minces dans le bas du four pour que la fumée puisse s’y insinuer efficacement.
- Combustibles : les artisans utilisent de la paille de riz ou des résidus de bambou. La paille est mouillée pour produire le plus de fumée possible.
- Fumage : la porte du four est fermée afin que l’air ne puisse pas y pénétrer et que la combustion de la paille soit lente. Le bambou est fumé pendant 10 à 12 heures. Selon la couleur recherchée, il est fumé plus ou moins longtemps (plus il est fumé, plus il est foncé).
- On rouvre le four pour tourner les chaumes de bambou. Cette opération est répétée en tout quatre fois pour que la circonférence soit entièrement fumée. Après le fumage, le bambou devient flexible, résistant et est protégé des insectes xylophages.
- Sablage : le bambou est ensuite sablé. Le sablage consiste à projeter du sable (ou autres particules abrasives fines) à grande vitesse sur le bambou pour abraser sa surface. Vous pouvez louer un appareil à air comprimé pour faire du sablage vous-même. Le sable contenu dans un récipient est aspiré par l’appareil et projeté sur la surface à abraser.
- Huilage : le bambou fumé peut être huilé pour le rendre brillant. L’utilisation d’huile de lin est un procédé écologique.

Le saviez-vous ? Dans de nombreux pays, le sablage est pratiqué sans protection, ni aération, parfois avec du sable de mauvaise qualité. La contrepartie des économies réalisées par des donneurs d’ordre peu scrupuleux est une maladie grave pour les ouvriers : la silicose.

Le seul facteur polluant est le transport, largement compensé par l’utilisation du bambou, piège à carbone.

Aucune énergie fossile n’est nécessaire pour la cuisson et aucun produit chimique n’est utilisé.

Il s’agit d’une activité humaine de production parfaitement respectueuse de l’environnement, et qui de plus permet de maintenir de l’activité dans les campagnes et apporte un revenu stable à des populations pauvres.

Exemple d’un projet de commerce/économie équitable

Parmi les villages traditionnels du nord du Vietnam, il en est un très renommé pour la fabrication des objets en bambou fumé : Xuân Lai, dans la province Bac Ninh.

Autrefois, les produits en bambou fumé étaient très appréciés.

La plupart des lits, sur lesquels les Vietnamiens se couchaient (sans matelas), et qui pouvaient également servir de table, étaient fabriqués en bambou fumé.

Ce type de mobilier est toujours d’actualité, surtout dans les campagnes, mais la demande décroît au profit de lits plus occidentalisés.

Afin d’éviter que cette technique ne disparaisse et que ces villages ne se dépeuplent, l’association Craſt Link et le musée d’ethnologie de Hanoi ont développé des programmes de revitalisation de ces zones rurales en diversifiant les produits proposés et en trouvant de nouveaux marchés à l’exportation.

Un autre atout de ce projet est évidemment de défendre le développement soutenable en faisant la promotion du bambou, qui est acheminé des provinces voisines.

Plus de 150 familles sont impliquées dans ce projet, qui leur procure des revenus équitables sur le long terme.

Cintrer/rectifier

Les bambous poussent en général droit mais ce n’est pas toujours le cas, et certaines espèces poussent à l’oblique, voire en zigzag. Il peut être nécessaire de les redresser : le terme rectification désigne cette technique.

La rectification est une opération proche du cintrage. Dans le mot cintrage, vous reconnaissez le mot cintre. En fait, il s’agit de donner une courbure volontaire au bambou.

Tout d’abord, le bambou doit être encore vert (c’est-à-dire pas encore sec, quelle que soit sa couleur). En effet, déformer un bambou pour le cintrer comme pour le rectifier n’est possible que si le chaume contient encore de l’humidité.

Les longueurs supérieure et inférieure d’un chaume droit sont sensiblement identiques. En revanche un tube coudé sera moins long au niveau de sa partie inférieure, l’arc de cercle de l’intérieur du coude ayant un rayon plus petit.

Le rayon de la partie intérieure R’ sera égal au rayon de la partie supérieure (AC) moins le diamètre du chaume (BC), soit : R’ = AC - BC

Par exemple, si le diamètre du chaume est de 10 cm et le rayon extérieur du coude de 50 cm, le rayon intérieur sera donc de 50 - 10 = 40 cm.

Pour cintrer vous-même un bambou, vous pouvez utiliser l’une des deux techniques expliquées aux pages suivantes.

Le saviez-vous ? Tous les bambous ne sont pas droits (exemple : le Phyllostachys aureosulcata).

La technique pour les rendre rectilignes est la même que pour les cintrer.

Le cintrage à chaud

La technique du cintrage à chaud est une technique artisanale qui consiste à chauffer la partie à déformer pour la rendre plus malléable, mais également pour la forcer à se rétracter. Le bambou est flexible mais il revient dans sa position initiale après déformation mécanique. La perte de poids due au séchage de la zone chauffée va en revanche le rigidifier. Règles de sécurité : il est préférable de travailler en extérieur ou dans un atelier muni d’un établi ou d’une solide table sur laquelle fixer un étau. Avant de commencer, l’espace de travail doit être débarrassé de tout produit inflammable. Vous devez avoir un extincteur ou de l’eau à proximité. De plus, l’usage d’un chalumeau nécessite le port de lunettes de protection (vous reporter à la notice explicative du chalumeau pour toutes les précautions d’emploi).

1- Bloquez fermement mais sans la casser une extrémité du chaume (ou de l’éclisse) dans un étau.

2- À l’aide d’un chalumeau (un feu de bois étant plus écologique toutefois), commencez à chauffer la partie à couder intérieure, en prenant soin de ne pas brûler le bambou. Passez la flamme sur la partie à couder avec un mouvement de va-et vient au lieu d’insister sur un seul endroit.

Sachez qu’une éclisse peut être cintrée avec un simple briquet.

3- Saisissez à la main l’extrémité libre du chaume et, par traction, pliez petit à petit le bambou pendant que vous continuez à passer la flamme. Donnez au chaume la courbure (ou rectitude) souhaitée en l’exagérant.

4- Une fois la forme obtenue, refroidissez la partie chauffée soit en l’enfouissant dans un bac rempli de sable soit (plus simple) en la mouillant avec un arrosoir.

Le refroidissement va figer la forme. Il est recommandé de mouiller progressivement pour éviter les phénomènes de fissuration, dus à un choc thermique trop violent.

5- Vous pouvez poncer la partie chauffée qui a noirci avec de la paille de fer pour l’éclaircir (la surface doit être sèche).

Titre : Le bambou, du développement durable à la création d’objets

Editeur : Eyrolles

Auteurs : Philippe Casanova

Prix : 16 €

Nombre de pages : 128 pages

Copyright : Philippe Casanova Mentions spéciales : Disponible en librairie le 11 mai

Pour en savoir plus : Achetez ce livre chez Eyrolles

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