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L’optimisation énergétique de l’éclairage
En matière de Développement Soutenable, les bâtiments dits HQE, climatiques ou écologiques se doivent de conjuguer sobriété et efficacité énergétique. La politique énergétique de la France étant consacrée depuis 40 ans quasi-exclusivement à l’énergie nucléaire, nous sommes devenus le seul pays au Monde à être autant dépendant de l’atome d’uranium, matière hautement stratégique que nous devons importer à 100 % (Niger principalement). Cette politique nous pénalise en matière de Développement Soutenable et de production d’origine renouvelable (solaire, éolienne, biomasse, géothermie, etc.) et inflige à toutes les générations suivantes une pollution durable et sournoise. Sans parler de la vulnérabilité potentielle des installations ou des transports nucléaires (attentats, erreurs humaines, risques sismiques, canicules, inondations, accidents majeurs de type Tchernobyl - des centaines de milliers de morts depuis 1986, etc.), aucune solution n’existe actuellement pour le stockage de longue durée des déchets radioactifs (plusieurs dizaines de milliers de fois le volume d’une piscine olympique et une pollution dramatique durant des millénaires). La France produit 60 mg de déchets radioactifs par kWh nucléaire*. Rappelons que 0,1 mg (une poussière) de plutonium est une dose mortelle ! Celles et ceux qui souhaitent utiliser une électricité 100 % propre (ni déchets nucléaires, ni effet de serre), peuvent se fournir dès maintenant chez la coopérative Enercoop. A la source de la production de l’électricité nucléaire nous gaspillons 67 % de l’énergie produite, en vapeur d’eau. Selon le BRGM, les tours de refroidissement des centrales nucléaires pompent dans les cours d’eau et évaporent plus de 50 % de l’eau consommée en France !** (même durant les canicules !), soit plus de 40 l/kWh ou le volume d’une maison par an pour chaque foyer français ! De plus, la production très centralisée ne permet pas de lutter contre les pertes des lignes Très Haute Tension (11 %)***. Enfin, le "traitement" et le transport des déchets radioactifs, le démantèlement des centrales atomiques et la surveillance à vie des sites nucléaires font, qu’à long terme, le coût financier et sanitaire de cette énergie ne sera jamais connu (déjà plus cher que toutes les productions basées sur les énergies renouvelables pour lesquelles en plus, le "combustible" soleil, vent, marées... est gratuit et non polluant****). Pour ces raisons et pour éviter les émissions de gaz à effet de serre (GES), les autres pays de la Planète ont fait le choix plus raisonné de diversifier leurs filières énergétiques grâce aux renouvelables. Selon l’extrapolation des estimations de l’Autorité anglaise du Démantèlement Nucléaire (NDA) et les données du coût du premier démantèlement français (Brennilis en Bretagne, 55 fois supérieur aux provisions !), le coût du démantèlement des centrales nucléaires françaises serait de 0,03 à 0,08 euro/kWh consommé (500 milliards d’euros minimum, soit le budget annuel de l’Ademe d’aide aux énergies renouvelables pendant 10000 ans !). Cette estimation ne prenant même pas en compte le coût du démantèlement des usines géantes de la Hague, Tricastin, Marcoule, Cadarache et Superphénix, ni celui de la gestion des déchets nucléaires, il faudra s’attendre, à moyen terme, au triplement du prix de l’électricité (déjà 45 % de hausse en 2005 pour les entreprises !). Pour s’engager dans une vraie politique énergétique écologique, responsable et soutenable (ni effet de serre, ni déchets nucléaires), la France doit donc faire le choix de diversifier ses sources de production d’électricité et d’énergie. L’objectif étant, à terme, de remplacer une production électrique à base d’énergies polluantes par une production à base d’énergies renouvelables (telle l’Autriche qui devrait atteindre 78 % d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2010 !). Le chauffage électrique est un contre-exemple d’appareil électrique efficace. Il est une aberration et a fortiori lorsqu’il est prescrit pour la conception de logements sociaux. Il s’agit de l’énergie de chauffage la plus chère pour les ménages. L’énergie électrique ne devrait jamais être transformée directement en chaleur. En France, le rendement final d’un convecteur électrique frise le ridicule : moins de 30 % pour chauffer de l’air qui finit aspiré par les courants d’air et les VMC ! Nous préconisons toujours des systèmes de chauffage par rayonnement car les températures intérieures sont alors bien plus homogènes. Nombreux sont les pays à avoir proscrit totalement ou partiellement le chauffage électrique ou interdit sa publicité (Suisse, Danemark, Belgique, Luxembourg...). Les lampes à incandescence ou halogènes présentent la même aberration que le chauffage électrique : jusqu’à 98 % de l’électricité est transformée en chaleur dans ces équipements d’éclairage. Les lampes fluocompactes sont une solution transitoire car elles sont beaucoup plus efficaces (consommation divisée par 5) mais contiennent du mercure extrêmement dangereux en cas de bris de lampe ou de rejet dans l’environnement lors du "recyclage". L’avenir est donc aux diodes électroluminescentes (Led) qui alimentent déjà certains feux de signalisation et certains éclairages intérieurs. Leur consommation est jusqu’à 12 fois inférieure aux lampes à incandescence. Une ville comme Grenoble (38) économise 50000 euros par an sur la consommation de ses feux de signalisation, après un investissement remboursé en 3 ans. Les technologies les plus avancées dans le domaine des économies d’énergie nous promettent des consommations divisées par 10 (écrans LCD des ordinateurs et des télévisions, VMC double flux, etc.) mais la priorité doit être la lutte contre les gaspillages (dispositifs de régulation, Gestion Technique du Bâtiment, échangeurs de chaleur, etc.) et une société moins énergivore (limitation de certains éclairages publics ou d’enseignes privées, installation de détecteurs de présence et de luminosité, etc.). Selon les chercheurs de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse), une société à 2 kW (d’énergie moyenne consommée 24h/24h par un individu) est viable et indispensable. Elle permettrait de ne consommer que 1/3 de l’énergie consommée actuellement*****. Pour cela, il faudrait une politique incitative à l’achat d’équipements économes en énergie (aides, crédits d’impôt, etc.), mais aussi une politique de taxation des énergies fossiles afin de privilégier les énergies renouvelables qui abaissent considérablement la facture énergétique des foyers. Les bâtiments et leurs sites ont souvent de forts potentiels énergétiques : toitures orientées au soleil et production thermique ou photovoltaïque ("photosynthèse" des bâtiments modernes), sous-sol et réseaux de captage géothermique ("racines" des bâtiments modernes), gisement éolien, ventilation naturelle, stockage thermique des matériaux denses, lumière naturelle, production de biomasse et de biogaz... L’architecture du XXIème siècle doit, selon nous, intégrer la capacité des bâtiments à produire et optimiser leur énergie. Sources : *[Ademe, Qualité environnementale des bâtiments, 2002] ; **[B. Peuportier Dr. et Chargé de Recherche au Centre d’Energétique de l’Ecole des Mines de Paris, Eco-conception des bâtiments, bâtir en préservant l’environnement, 2003] et [SPDE - Syndicat professionnel des entreprises de services d’eau et d’assainissement, Les services collectifs d’eau et d’assainissement en France. Données économiques, sociales et techniques, 2005] ; ***[S. Rabourdin, Changement climatique, comprendre et agir, 2005] ; ****[GSIEN, Groupe Scientifique pour l’Information sur l’Energie Nucléaire] ; *****[C. Friedli Pr. à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne] ; Pour en savoir plus : Arkitekto
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