Peu importe que l’on rejette de l’eau propre (qui a servi au lavage des légumes par exemple) ou de l’eau contenant des produits dangereux (produits ménagers chimiques par exemple), le prix de l’assainissement de l’eau (via cette taxe ou le prix de l’eau) est identique.
On pourrait reprocher de considérer l’eau comme une marchandise, mais faire payer le prix de l’eau potable à ceux qui en utilisent permet de faire prendre conscience de sa rareté. L’incitation fiscale favorisant les personnes souhaitant s’équiper de récupérateur d’eau de pluie, comme c’est le cas avec le nouveau crédit d’impôt en France, va également dans ce sens.
Mais ce qui est anti-écologique n’est pas tant la consommation d’eau que son traitement. Il serait donc éducatif et écologique de dissocier le prix de la consommation et le prix du traitement. Par ailleurs, il serait écologiquement plus équitable de taxer les fabricants de produits polluants afin que leur prix reflète le coût réel supporté par les particuliers du traitement de leur rejet dans l’eau. In fine, cette taxe serait répercutée dans le prix de vente et serait payée par le particulier, mais uniquement le particulier utilisant des produits nocifs.
C’est le fameux principe du pollueur- payeur. La taxe d’assainissement fait actuellement supporter la même pénalité financière indépendamment de la pollution de cette eau : un particulier utilisant des produits ménagers chimiques et un particulier utilisant du vinaigre et du savon de Marseille pour son ménage sont traités de manière identique !
L’usage de l’eau et son économie sont totalement à repenser en France afin d’aboutir à une logique économique et écologique compatible avec le principe du pollueur - payeur.